L'Atelier Métaphorique

André Campos Rodriguez : Histoire d'un combattant.

 

 


 

Après avoir pris rendez-vous, je suis allé rendre visite à Théophile qui conserve

précieusement le journal de guerre de son père. Ce dernier a été un héroïque

combattant de la première guerre mondiale 14-18 - un «poilu» comme on a eu

coutume de les nommer. Théophile a bien voulu nous en confier quelques extraits...

 

 

Marcel, natif de Bergues, est né en juillet 1894. Il eut donc vingt ans en juillet 1914. Le 27 Août, il partait déjà pour le front et ne fut démobilisé que le 16 Août 1919.

Après une instruction très dure au camp de la Courtine, il dû subir, avec ses camarades, de violents combats dans la Somme, dans l'Aisne et en Champagne. Marcel arrive aux Eparges (Meuse) le 4 Avril 1915. Il y a partout de la boue et de l'eau. Il fait glacial. Il eût alors les pieds gelés et dû être évacué vers plusieurs hôpitaux où il reçut la visite de ses proches : sa mère, sa sœur et même son grand-père alors âgé de 85 ans.

 

A peine guéri, volontaire, il repart au front comme mitrailleur, et c'est de nouveau la montée aux tranchées dans le secteur d'Artois qui ne lui laisse qu'un souvenir de boue, de mines et de torpilles. Fin avril 1916, ce fut Verdun où, à chaque instant, on frôlait la mort. On peut ainsi lire dans son journal : « Nous arrivons aux tranchées à 10 heures du soir. Tout y est bouleversé ; nous n'y relevons que des cadavres. On rampe sous les arbres abattus et déchiquetés par l'artillerie, on trébuche sur des quantités d'équipements et de fusils abandonnés. Les boches nous font un tir de barrage en règle. Au matin, nous voyons enfin où nous sommes. Ce n'est plus qu'une série de trous d'obus que nous occupons. L'artillerie ennemie commence à nous arroser copieusement de 210. C'est un véritable enfer. Je ne pense plus à rien, j'attends la mort qui me délivrera de cette souffrance morale que seul le véritable combattant de cette guerre a pu ressentir. Nous avons beaucoup de pertes.»

 

Plus loin, Marcel transcrit des événements plus personnels mais tout aussi dramatiques : « Tous les soirs, comme volontaire, j'allais au ravitaillement qui se faisait au «Ravin de la mort» justement nommé. C'était environ 2 km aller et autant pour le retour qu'il fallait franchir sous le feu meurtrier de l'ennemi. Un soir, comme je revenais de la distribution, nous étions dans une niche faite dans ce qui reste de parapet de la tranchée. Tout à coup, un 210 tombe à côté de nous, tuant des camarades, en blessant d'autres. Je suis enseveli jusqu'au cou. J'étouffe littéralement. Je n'ai dû la vie sauve qu'à la Providence et ensuite qu'au courage de mon chef de pièce qui, au péril de sa vie, m'a arraché à cette mort terrible en me déterrant et en m'emportant dans ses bras ».

 

« Ces jours furent bien pénible ; sous une grêle d'obus, on mourait de soif ; j'ai bu dans des trous d'obus de l'eau pleine de boue que je n'aurais pas donnée pour tout l'or du monde ».

 

Marcel reçut la médaille de Verdun et fut inscrit au livre d'or. Après bien d'autres campagnes très meurtrières où il fut téléphoniste, il reçut alors la croix de guerre avec citation : «Le 1er juin 1918, il n'a cessé de réparer les lignes coupées à plusieurs reprises par le bombardement et a permis au chef de bataillon d'être relié à peu près sans interruption avec la majeure partie de la première ligne.»

 

Le 14 juillet 1919, ce fut avec ses camarades survivants le défilé triomphal à Paris.

 

 

 

 

Appareil Huguette 108 (2)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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30 janvier 2011

L'Atelier Métaphorique

 

Présentation de l'auteur de ce blog...

 

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Pourquoi l'Atelier Métaphorique ?

 

André Campos Rodriguez a publié depuis 1982, à compte d'éditeur, plusieurs recueils de poèmes et écrit de multiples articles sur (ou autour de) la poésie dans des revues comme Foldaan, RegArt, Décharge, Comme en poésie, Cahiers Froissart, ou Rétro-Viseur. Comme co-animateur à radio-Lille d'une émission littéraire dans les années 80, il a pu rencontrer des personnalités du monde littéraire comme Frédérick Tristan (prix Goncourt), Annie Ernaux (prix Renaudot), les poètes Jean-Claude Renard, Pierre Dhainaut ou Bernard Noël - avec qui il est resté très proche durant de nombreuses années.

Il est par ailleurs l'ami du poète et romancier tchadien Nimrod, et du poète et romancier Alain Lemoigne. Ce dernier est d'ailleurs devenu son parrain de Baptême lorsque l'auteur de ce blog s'est converti au christianisme, dans la confession catholique, le 22 mars 2008. (André Campos Rodriguez  a été Confirmé dans l'Église en avril 2010.)

Depuis, André Campos Rodriguez est très investi au sein de sa communauté paroissiale. "Rédac responsable" du journal paroissial, membre des équipes d'accompagnement des familles en deuil,  co-animateur du Groupe de prière paroissial (G.P.P.), aux périphéries de l'Eglise, aussi, en faisant partie de la Société Saint Vincent de Paul.

 

Malgré une sensibilité mystique et priante, l'auteur de ce blog se situe dans l'Église du côté du courant que l'on qualifie de réformateur et progressiste...   Il est membre de la Conférence Catholique des Baptisé-e-s Francophones  (C.C.B.F.), car il estime que c'est en restant au cœur même de l'Église et en disant exactement,  sans animosité  ? , ce que l'on pense et ce que l'on souhaite que l'on pourra  faire évoluer, peut-être, cette dernière - qui reste souvent réactionnaire avec un pouvoir totalitaire, désormais  complètement inadapté à ce XXIème Siècle qui débute... " Dans son immobilisme rigide, l’ Eglise catholique manifeste une absence de miséricorde et de compassion qui contredit le message d’amour dont elle prétend témoigner. Elle augmente la souffrance résultant d’un échec au lieu d’y porter remède ". (Michel Quesnel, Rêver l’Eglise catholique, DDB 2012, p.110-111)

"NI PARTIR NI NOUS TAIRE !"   Tel est le joli mot d'ordre de la C.C.B.F.

"L’Église est en retard de 200 ans. Aurions-nous peur ? Peur au lieu de courage ? La foi, la confiance, le courage sont les fondements de l’Église. (…) Seul l’amour peut vaincre la fatigue". Dernier message du cardinal Martini

 

La caste gouvernementale de l'Eglise qui se substitue à la communauté des croyants peut-elle encore retrouver le chemin de la bonne nouvelle ?   La démocratie et l'égalité avec les Baptisés (devenus maintenant collaborateurs du Christ) est le tout prochain défi pour l'Eglise catholique. Elle ne pourra pas échapper à une réforme radicale de ses institutions et sans doute à une reconstruction  (dont le concile Vatican II a forgé les outils), sous peine de se sectariser et devenir inapte au monde actuel, en laissant  la place à d'autres confessions qui auront su s'adapter...

 

Néanmoins, depuis peu, le pape François porte devant tous une grande espérance : Dans évangélii gaudium il écrit : "L'Eucharistie, même si elle constitue la plénitude de la vie sacramentelle, n'est pas un prix destiné aux parfaits, mais un généreux remède et un aliment pour les faibles. (...) Nous nous comportons fréquemment comme des contrôleurs de la grâce et non comme des facilitateurs. Mais l'Église n'est pas une douane, elle est la maison paternelle où il y a la place pour chacun avec sa vie difficile".

Et plus loin : " Non à la nouvelle idôlatrie de l'argent ; non à la disparité sociale qui engendre la violence, non à l'argent qui gouverne au lieu de servir. L'argent doit servir et non gouverner. Je vous exhorte à la solidarité désintéressée et à un retour de l'économie et de la finance à une éthique en faveur de l'être humain".

 

 

"L'Atelier Métaphorique" est une revue littéraire numérique.Vous y trouverez, au fil du temps, des méditations en rapport avec la foi et la culture chrétienne ; des articles de fond :  société,  arts et poésie - souvent déjà publiés dans des revues ou des journaux ; des prises de paroles, en toute liberté, concernant l'Église, la société ou le monde politique, et une anthologie de poèmes  (déjà publiés) de poètes amis, ou de poètes peu connus. 

 

copyright :  tout droits réservés pour les textes publiés à L'Atelier Métaphorique

 

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01 février 2011

André Campos Rodriguez : Il vous faut naître d'en haut

 

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« En vérité, en vérité, je te le dis : à moins de naître de nouveau, nul ne peut voir le royaume de Dieu » (Jn 3, 7)

 

« Il vous faut naître d'en haut » (Jn 3, 7)

 

Traductions de la T.O.B.

 

 

Se dépouiller du vieil homme attaché à ses passions, à son avidité, à ses besoins de reconnaissance, à sa vanité, à ses désirs égoïstes, à son égo-centrisme... Se dépouiller, c'est emprunter un chemin de renoncement à soi-même, un chemin qui conduit au golgotha intérieur où l' égo sera crucifié par Amour de Jésus le Christ – sans que soit détruit  le moi profond... Crucifier l'égo : se dépouiller du vieil homme, pour « naître d'en haut » dès cette vie. Mort et Résurrection : ce n'est plus moi qui vit c'est le Christ qui vit en moi, explique saint Paul .

Mourir au vieil homme pour renaître avec le Christ, Passeur et Sauveur, Guide et Gardien suprême, mais miséricordieux, de la Porte étroite qui conduit au Royaume... 

 

 

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02 février 2011

André Campos Rodriguez : La fécondante parole

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Ce qui est fondamental à comprendre - et ne plus oublier ! - c'est que Jésus (Dieu) est toujours là au fond de nous, et qu'il faut entretenir avec Lui un dialogue permanent par la prière et le recueillement, pour qu'il se révèle et puisse agir à travers nos coeurs...

 

 

***

 

Quand est-ce qu'un chrétien sait qu'il aime son Seigneur et son Dieu-Sauveur, Jésus le Christ ?

Lorsqu'il connait, accepte, et adhère à la Parole en la vivant ; Parole contenue dans les Évangiles, la Bonne Nouvelle du Royaume...

 

Ce chrétien sait alors qu'il aime Jésus, son Dieu et son sauveur.

 

Car la Parole de Jésus EST Jésus Lui-même : il n'y a pas de hiatus entre Sa Parole et ce qu'IL EST !

 

C'est une Parole Vivante, fixée dans l'éternité où réside l'Esprit fécondant du Seigneur...

 

Et comme tout ce que Jésus dit vientdu Père, le chrétien commence aussi à aimer, dans la confiance,  le Père par l'intermédiaire de l'Esprit Saint, l'Esprit de Dieu,

 

Amour relationnel du Père pour le Fils et du Fils pour le Père.

 

C'est ainsi que le Chrétien, sans même s'en apercevoir la plupart du temps, se retrouve peu à peu inclus au sein même de la Relation Trinitaire

 

par Jésus le Christ, Vraie Voie Vivante et Porte du Royaume Eternel.

 

A partir de la fécondante Parole du Seigneur, c'est une Communion d'Amour qui, peu à peu, rachète et divinise l'Adam terreux qu'est l'homme.

Faire connaître et aimer la Parole contenue dans les Évangiles, c'est faire connaître et aimer le Christ Lui-même.

 

D'où la nécessité d'enseigner une manière d'intérioriser cette Parole. Intérioriser la Parole,

c'est intérioriser Jésus Lui-même...

 

***

 

 

 

 

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03 février 2011

André Campos Rodriguez : Le ciel est en nous...

 

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De même, je vous le dis en vérité, si deux d'entre vous, sur la terre, unissent leurs voix pour demander quoi que ce soit, cela leur sera accordé par mon Père qui est aux cieux. Que deux ou trois, en effet, soient réunis en mon nom, je suis là au milieu d'eux."

 

Évangile de Jésus Christ selon St Mt (18,19-20)

 

Le carême était là pour nous inciter à nous tourner de manière plus radicale vers le Seigneur, vers cette Lumière d'amour qui nous convertit. Nous sommes appelés à l'adoration au jour le jour dans le temple intérieur de notre cœur, comme dit Saint Paul : "N'oubliez pas que vous êtes le temple de Dieu et que l'Esprit de Dieu habite en vous"...

 

 

"Le Royaume de Dieu" est en toi... C'est une belle image pleine de poésie que le Christ a utilisé pour indiquer q u ' IL est (toujours) là, au fond de nous ; qu'il suffit d'écouter son cœur, de se rendre transparent à sa bonté, à sa lumière, à sa miséricorde...

 

La porte du Royaume c'est notre cœur, notre cœur purifié grâce à la prière... La vision du cœur, l'écoute silencieuse du cœur c' est déjà une prière...

Car notre bon cœur est branché sur celui du Seigneur !

Laissons le libre de Vivre ce bon Cœur !

 

 

Le Royaume de Dieu est en toi, au fond de ton cœur aimant, de ton cœur compatissant, de ton cœur lorsqu'il est pur...

Sous entendu, et entre-nous : [éloigne-toi de ce qui est laid, mesquin, égoïste, malhonnête, éloigne toi aussi de ce qui peut te rendre amer, te mettre en colère, te déprimer...]

 

Écoute avec ton cœur la profonde et amoureuse joie de Dieu qui sourd de la Vie, de la Source de Sa bonté, de la Paix, de la Confiance...

Pour cet Amour n'oublie pas de rendre grâce, souvent, au Seigneur, de Lui dire merci, d'en faire la louange !

A.C R

 

 

                                                                                          ***

 

« Le Ciel est en nous comme une source qui jaillit en vie éternelle, et c'est dans la mesure où nous nous intériorisons nous-mêmes que nous approchons du Ciel : Dieu n'est pas derrière les étoiles, dans une sorte d'empyrée mystérieux où Il trônerait, entouré d'une Cour que l'on pourrait, en quelque sorte, visualiser : Dieu est en nous comme un secret d'amour, et ce qui Le distingue de nous c'est justement son intériorité. Ce qu'on appelle la transcendance de Dieu, c'est son intériorité pure.

Dieu est tout au-dedans ! Et nous, nous sommes au dehors. Pour venir à Lui, nous avons à nous intérioriser en rencontrant notre propre intimité dans le rayonnement de la sienne. Il n'a donc pas à descendre du Ciel, il n'a pas à venir sur l'éther puisqu'il est toujours déjà là.

Dieu n'a jamais cessé d'être présent à l'univers, Il n'a jamais cessé d'être caché dans le cœur de l'homme. Il n'avait donc pas à venir, c'est l'homme qui devait venir à Dieu ! Et nous expérimentons cela comme st Augustin ; quand nous découvrons Dieu au plus profond de nous-mêmes, nous savons bien qu'il était déjà là, qu'il nous attendait, et que c'était nous qui étions distraits, répandus au dehors, absents et livrés à notre moi possessif qui nous empêchait justement d'entrer dans cet univers d'amour qui est l'univers de la Très Sainte Trinité. » 

                                                                                                              Maurice Zundel

 

 

 

 

 

 

 

                                                                                                                ***

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04 février 2011

André Campos Rodriguez : La perle de grand prix

 

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Oui, il faut en effet toujours essayer de Changer la Vie... Mais la changer sous le regard de Dieu, avec l'humilité dont son Amour nous rend capables !

 

                                                                                                           ***

À la formule le Christ est mort pour nos péchés, pour l'instant, je préfère et ne comprends que celle du Saint Curé d'Ars, Jean-Marie Vianney : le Christ est mort à cause de nos péchés...

                                                                   ***

Au départ, je croyais - comme beaucoup de mes contemporains, que la religion chrétienne et sa pratique étaient pour l'homme une aliénation... C'est ce qu'un certain nombre de philosophes modernes - que l'on a qualifié d' éclairés - ont essaimés dans la tête des gens. Et puis, c'était par ailleurs ringard d'aller à la messe ; c'était aussi forcément être de droite... Mais si l'on étudie et l'on comprend la foi chrétienne de l'intérieur, c'est l'inverse dont il s'agit... C'est le monde actuel, matérialiste, compétitif et individualiste, qui est une aliénation, et le message chrétien, à travers les Évangiles médités en profondeur, la Source Vive où l'homme peut puiser et se libérer en s'humanisant chaque jour un peu plus...

                                                                   ***

Si l'Église, en tant qu'institution, est vraiment Catholique, c'est-à-dire Universelle, alors il faut qu'elle soit ouverte à tous et qu'elle accueille, par le Sacrement de l'Eucharistie, vraiment tout le monde, ce qui n'est toujours pas le cas !

                                                                   ***

La perle de grand prix (qui est cachée) c'est l'Amour qui s'exprime en nous à travers le Christ ressuscité.

                                                                              ***

 

Nous sommes sans doute à la fin des temps... Alors il serait temps d'aller à l'essentiel... Si l'Église est vraiment le levain de ce pain - qui est le Corps du Christ - et dont nous avons tous besoin, il serait temps aussi qu'elle arrête de nourrir, en son sein, tous ces tièdes et hypocrites pharisiens qui l'empêchent d'être vraiment partout un Don de Miséricorde infini et d'Accueil pour tous les pêcheurs abandonnés du monde !      

 

 

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05 février 2011

André Campos Rodriguez : Pour que l'Evangile ne reste pas lettre morte...

 

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La vocation de l'Église est de rassembler des croyants impliqués dans une pratique et dans le monde. Elle doit faire connaître en profondeur le message du Christ et aider tout un chacun à en vivre. Elle se doit de susciter un art de vivre ensemble, mais doit s'interdire d'en imposer un fabriqué d'avance.

 

Ce que doit avant tout enseigner l'Église, à travers l'Évangile (qui Est le Christ Lui-même), c'est la nécessité de mourir à son égoïsme, et de devenir un homme honnête qui retrousse avec courage ses manches - là où il est - pour faire ce qui est juste.

 

Comme aurait pu le dire Albert Cohen, avant de s'efforcer d'aimer son prochain [ ce qui est pour le moins une gageure si ce n'est une illusion, ou pire une vaniteuse présomption de sainteté], essayons plus modestement, pour commencer, d'éviter de le mépriser ou de le haïr... Pour cela, au lieu de fixer notre jugement sur ses défauts, essayons plutôt de voir où s'expriment ses qualités.

 

La chose la plus terrible dans ce monde post-moderne est que de plus en plus d'hommes se définissent par un consentement à l'absurde. Alors, c'est le non-sens qui semble l'emporter, la mort frappant de précarité toutes les choses qui peuvent avoir un sens. Seule la foi est en mesure de sauver l'espérance des hommes, de redonner du sens a ce qui en perd : l'amour, l'amitié, la culture, Dieu.

 

                                                              ***

 

 

Si l'on fait des petits sacrifices, en luttant contre notre nature égoïste, il s'agit de les faire dans la discrétion, sans que personne ne s'en aperçoive ; et cela non pas pour acquérir des mérites auprès de Dieu mais par respect et amour pour Lui... C'est un acte d'obéissance à sa Divine Volonté, qui est qu'en toute chose nous cherchions avant tout à faire le Bien, que nous ayons tout simplement le soucis de notre prochain. « Quoi que tu fasses pour ton prochain, c'est à Moi que tu le fais... ».

 

L'homme ne peut arriver à sa complète humanisation que s'il pratique envers tout un chacun la compassion. Il doit prendre comme Lumière, de ses choix et de ses actes, Jésus Christ Lui-même, se laisser guider sans cesse par son Esprit, dont les signes sont : la bonté, la bienveillance, la douceur, la patience, l'amour, la joie, la paix...

 

 

En lisant cette œuvre mystique puissante qui est « le petit journal de sœur Faustine » (Hélène KowalsKa 1905/ 1938), l'on découvre que Jésus Christ s'exprime toujours de nos jours, et cela de manière fort claire. « Ma secrétaire, écris bien que Je suis plus généreux envers les pêcheurs qu'envers les justes. C'est pour eux que Je suis venu sur terre, c'est pour eux que j'ai versé mon sang. Qu'ils ne craignent pas de s'approcher de Moi. Ce sont eux qui ont le plus besoin de Ma Miséricorde » (fg 1274). Et aussi : « (...) Je ne suis qu'Amour et Miséricorde. Il n'y a pas de misère qui puisse se mesurer à Ma Miséricorde, ni en venir à bout puisqu'au moment de se communiquer, elle s'amplifie. L'âme qui fait confiance à Ma miséricorde est la plus heureuse car Je prends Moi-même soin d'elle » (fg 1272). Et plus loin encore : « La plus grande misère ne saurait Me retenir de M'unir à une âme. Mais Je ne vais pas dans une âme où règne l'orgueil ».

                                                                                                                     ***

De nos jours, il n'est pas de bon ton d'affirmer, ou de montrer, que le surnaturel surgit régulièrement dans notre quotidien comme pour nous signaler que l'invisible n'est jamais bien loin et sans cesse nous accompagne...

 

                                                                                                                   ***

 

 

Il est bien clair que tout combat spirituel passe en priorité par la recherche de l'humilité, qui ne se révèle que lorsqu'on s'efforce de faire régner l'amour de Dieu à la place de son amour-propre. C'est évident que tout cela passe par un renoncement renouvelé à soi-même, un don de soi qui s'exprime à travers l'abandon de toute volonté égoïste.

 

                                                                                                                   ***

 

Pour que l'Évangile ne reste pas lettre morte mais opère de manière vivante, il faut apprendre à l'intérioriser par une méditation minutieuse de sa Parole. La foi en l'occurrence ici, c'est de croire qu'il y a en la Parole un principe dynamique de transformation. Ce dernier est constitué par l'Esprit même de Dieu.

 

                                                                                                       ***

Pour croire, je n'ai pas besoin de l'Église en tant qu'institution, avec ses rigidités et parfois ses archaïsmes [dont elle a d'ailleurs beaucoup de mal à se débarrasser – et ce qui lui occasionne un tort dont elle refuse toujours de mesurer les conséquences] ; par contre, j'ai besoin d'y trouver en son sein des hommes et des femmes qui sont une vivante incarnation de l' Évangile, et de belles Églises pour prier et où l'on soigne aussi la liturgie.

 

                                                                                                          ***

 

Qu'est-ce que l'Esprit Saint, que « le Père du ciel donnera (...) à ceux qui le lui demandent » (Lc 11,13) ? C'est une inépuisable augmentation d'un amour à donner, un Amour éclairé, la Lumière divine de l'Amour... pourvu que nous nous mettions en condition de l'accueillir. Et tout le problème est là !

 

                                                                                                                      ***

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06 février 2011

André Campos Rodriguez : L'invisible est aussi le lieu d'un combat

 

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L'amitié ne peut se concevoir sans une bienveillance réciproque, un respect mutuel pour ce que l'autre peut représenter ou être dans sa différence, sans aussi une grande délicatesse dans les échanges...

 

                                                                                                           ***

 

En général, les gens oublient bien souvent que derrière chaque bon livre, il y a une personne qui y a déposé tout son cœur et tout son esprit ; qu'elle s'est, en quelque sorte, « livrée » aux autres, dans un total oubli de soi... C'est ce qui fait que les bons livres passent à la postérité et restent comme des «lumières » qui nous aident à mieux nous orienter face à l'invisible...

 

                                                                                                           ***

L'invisible est aussi le lieu d'un combat entre les forces du bien et du mal. Chacun de nous est l'enjeu de ce combat. Combien sommes-nous à en avoir conscience ? La plus grande intox du Prince des ténèbres c'est qu'il essaye de nous faire croire qu'il n'existe pas. Il a une stratégie multiforme : il s'adapte à chacun ; et se sert des défauts ou des faiblesses de chacun d'entre nous ; il utilise aussi le concours de nos passions pour créer des divisions, semer la zizanie et chercher à nous perdre ou nous détruire...

 

Une des premières intox du démon c'est aussi de nous persuader qu'il ne sert à rien de prier... Évidemment, de cette manière il nous coupe de l'indicible Relation que chacun peut entretenir dans son cœur avec le Seigneur...

 

 

                                                                                                    ***

Il ne manque pas de convertis qui reconnaissent que leur conversion a été préparée par toute une purification de leur cœur, par une sorte de grâce surnaturelle de l'Esprit Saint que Jésus le Christ (Lumière Intérieure comme disait Saint Augustin) est toujours prêt à donner aux hommes de bonne volonté...

 

C'est par l'Esprit Saint que nous pouvons remporter la victoire jour après jour contre l'ennemi le plus difficile à combattre le démon de l'orgueil...

 

« Il y a des démons qui ne peuvent être chassés que par le jeûne et la pénitence » nous enseigne Jésus Christ en Matthieu. Ainsi, l'on peut comprendre l'usage de la mortification, et éviter de mépriser le pouvoir de la pénitence, pour sauver par exemple quelqu'un ou pour aider une personne en grande difficulté. En plus de la prière, l'homme qui mobilise, sans aller jusqu'à jeuner, une foi chevillée au corps n'hésite pas si besoin à supprimer, si nécessaire pendant un certain temps, tous ces plaisirs-voluptés comme la gourmandise ou l'alcool... Cela fait partie des armes et des outils utilisés pour le combat spirituel. C'est ainsi que se dégage aussi le vrai sens du Carême. C'est un discours qui peut être difficile à entendre de nos jours dans ce monde dit profane...

 

                                                                                               ***

 

L'intégrisme est une perversion du sens du sacré... « Tuer au nom de Dieu et pour lui rendre gloire » est une abomination ! Tout message religieux authentique ne parle que d'amour, de compassion, de miséricorde, de pardon, de réconciliation...

 

 

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07 février 2011

André Campos Rodriguez : L'enfer n'est pas un lieu mais un état

 

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Il faut retenir que l' Enfer n'est pas un lieu, mais un état : l'état de damnation... Le Purgatoire aussi... Le Purgatoire (purificatoire) est un repentir purifiant pour que tout l'égoïsme et tout l'orgueil soient consumés... Il nous faut prier aussi pour le repos de l'âme des personnes défuntes que nous avons connues. Tous ceux qui sont aux purgatoires (c'est la grande majorité) ont été sauvés grâce à la grande Miséricorde de notre Seigneur. « Il y a comme une ontologie propre du ciel, de la terre, et de l'enfer. L'ontologie du ciel, c'est l'amour, la communion et l'action de grâces ; celle de la terre, la possibilité d'une libre décision, c'est la foi et l'espérance, la possibilité de se convertir. L'ontologie de l'enfer, c'est la permanence dans une existence privée de signification et d'espérance. » Yves Congar.

                                                                                                            ***

 

Jésus, Es-Tu cette Lumière intérieure, cette indicible et éclairante Présence, logée derrière nos états de paisible attention ?

 

 

Jésus le Christ, Lumière intérieure, comme l'a si bien écrit Saint Augustin. Cette Lumière nous révèle avant tout notre interminable médiocrité et parfois nos ténèbres. C'est cette Lumière que l'Esprit nous offre qui va alors enraciner peu à peu l'humilité, et préparer cette nouvelle naissance dont nous parle Jésus, ce « naître d'en haut »...

 

Cela suppose au préalable qu'un lien, une indicible Alliance se soit instaurée entre le Christ et soi. C'est la prière constante qui permet à ce lien de se constituer. La Communion avec le Seigneur lors de l'Eucharistie, aussi...

 

 

                                                                                                            ***

 

A part la prière quotidienne, une simple pensée pour Dieu plusieurs fois par jour, une respiration confiante s'ouvrant à l'amour du Seigneur, une pause de quelques minutes où l'on s'ouvre à Lui, font partie de ce qu'il faut comprendre dans la notion de prière constante...

                                                                                ***

 

Dans la foi, le plus dur, le plus difficile c'est d'apprendre à s'en remettre totalement à Dieu, c'est de lâcher prise, de faire une confiance totale à la puissance de son amour, en sa miséricorde.

                                                                                                                 ***

 

« Nous n'arrivons à nous-mêmes qu'à travers Dieu : Dieu est le seul chemin vers nous-mêmes, comme Il est le seul chemin vers les autres et vers toute réalité. Et dès qu'on veut parvenir à soi par soi-même on échoue lamentablement ! Et, dès qu'on veut entrer dans l'intimité des autres par soi-même, on échoue encore plus misérablement ! L'être humain n'existe dans sa qualité humaine qu'au moment où il s'ouvre à ce soleil de la Vérité et de l'Amour qui est Dieu caché en nous. »

                                Maurice Zundel

 

                                                                                                                                    ***

La peur, c'est l'ennemi, c'est le serpent qui rampe dans les profondeurs du subconscient voire même de l 'inconscient. Nous devons faire notre part de combat contre elle, et nous en remettre à Dieu, à travers la prière, pour le reste.

 

                                                                                                                         ***

 

 

 

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08 février 2011

André Campos Rodriguez : La création n'est pas achevée...

 

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Si nous prions pour ceux qui en ont besoin, d'autres personnes (pour nous anonymes) ne vont elles pas, grâce aussi à leur prière [et tel les vases communiquant], nous transmettre les forces dont nous avons besoin pour continuer à intercéder et à servir ?

 

Mon expérience ici me dicte de dire combien toute lecture spirituelle quotidienne favorise l'esprit religieux et la vie d'oraison...

 

Je suis très sensible à cette méditation de Maurice Zundel qui dit : « Quand comprendrons-nous que Dieu est une Présence brûlante au fond de nous-mêmes ? ». « Quand comprendrons-nous que Dieu est la Présence la plus actuelle et la plus réelle, la Présence hors de laquelle on ne peut rencontrer personne ? ». « Quand comprendrons-nous combien l'Évangile est merveilleux  ?».

 

Dans l'Eucharistie, Jésus continue à souffrir mystiquement pour nous... IL continue à se Sacrifier pour nous sauver... Telle est la profondeur et l'immensité de son Amour !

 

                                                                    ***

 

La souffrance rachète les péchés du monde, à condition de l'accepter, de l'assumer et de l'offrir à Dieu [ou au Christ]. Cette offrande, c'est cela que d'autres personnes auront peut-être en moins à supporter ! « J'apprenais que la souffrance ne nous est pas donnée pour que nous soyons consolés, mais pour que nous soyons capables de consoler » (Paulette Boudet).

 

 

                                                                                                        ***

Marie, Reine du Ciel, Âme Crucifiée... Dans ces multiples apparitions ne cherche t-elle pas à nous faire comprendre que, si nous acceptons d'être guidés par son Fils, le fardeau de la Vie, que nous devons porter (quelle que soient les épreuves), ne nous Anéantira pas, ne dissoudra pas l'intégrité de notre être profond...

 

 

                                                                                                   ***

La création n'est pas achevée, et si elle souffre un enfantement interminable c'est parce que les hommes demeurent le jouet ou les esclaves de leurs ténèbres ...

Dieu a besoin de notre amour pour achever la création avec nous !

 

 

                                                                                                         ***

 

Ce n'est pas moi qui peut Aimer ainsi, mais Lui - le Christ - à travers l'espace transparent,  lumineux, que je suis capable de lui offrir par mon renoncement

 

                                                                                                                                      ***

 

« Pouvoir atteindre et aider tous ceux qui doutent, tous ceux qui ne veulent plus ou ne savent plus aimer, tous les égarés qui, trop nombreux hélas ! s'imaginent que la religion est déprimante ou opprimante à nos pauvres cœurs humains.

Tous ceux qui se débattent dans le désert aride d'une pensée sans au-delà, qui les fait se tourner vers les mirages de ce monde où « l'Esprit » malin les appelle comme la danse d'une flamme rouge attire l'insouciant papillon ; pièges insensés des mauvais consolateurs et des entremetteurs diaboliques que nous voyons souvent guetter autour des faibles, des timides, des peureux spirituels et les amener ainsi au pacte maudit, à la rupture de l'ordre providentiel par la rupture de l'ordre naturel.

Tous et toutes afin de les attirer à l'Immaculée, leur véritable Mère, recevoir d' Elle, la « Vie » qu' Elle puise pour eux dans le Cœur Divin et très Aimant de son Jésus pour vivre avec Elle, comme Elle et en Elle la vraie Vie de Dieu »

                                                                                                                                                 Marthe Robin

 

 

 

 

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