Très prochainement va se tenir un synode provincial de Lille, Arras, Cambrai. Les chrétiens de ces diocèses ont été invités a donner leur avis, à participer à la réflexion avant les travaux...

La question est posée ainsi par nos quatre évêques : Inventons les paroisses de demain ! À vous la parole !

L'Atelier Métaphorique est là aussi pour ça... Je ne m'en suis donc pas privé !

 

Inventer les paroisses de demain ?

 

Nous ne pourrons pas inventer les paroisses de demain... car cette structure est obsolète et dépassée. Elle a longtemps été valable et efficace. Mais la réalité actuelle nous montre déjà qu'une paroisse (avec son fonctionnement présent et futur) ne correspond plus à ce que notre société a besoin pour éventuellement recevoir ou accueillir l'Évangile... Les prêtres sont de moins en moins nombreux et on ne peut pas continuer indéfiniment à agrandir des méga-paroisses en les regroupant !

 

Il s'agit aussi de mettre en pratique enfin le Concile Vatican II, c'est à dire d'adhérer à l'Esprit que tous les baptisés (confirmés) sont prêtres, prophètes et rois, et qu'ils doivent désormais assumer la mission de l’Église dont ils sont ensemble le Corps vivant, par le Christ-Jésus. Ce peuple de Dieu doit cesser de se comporter en troupeau passif. Pour cela, il est nécessaire que les prêtres acceptent aussi désormais de ne plus jouer le rôle de patrons, de chefs d'une communauté à conduire.... Évêques, prêtres et diacres doivent réellement assumer la fonction de simples serviteurs d'une communauté chrétienne. Ce qui veut dire qu'ils doivent conseiller et non plus diriger. Il ne convient donc plus de s'organiser sous formes de paroissesmais de communautés chrétiennes - qui éliraient leurs responsables laïcs. Ces derniers doivent devenir réellement co - responsables de la mission de l’Église.

On oublie trop souvent que les ministres ordonnés sont au service du peuple et non l'inverse !

Les prêtres, de moins en moins nombreux, seraient alors itinérants, visitant, comme Saint Paul, à tour de rôle les diverses communautés d'un secteur assez large... Les prêtres serviraient de lien entre des communautés chrétiennes différentes...

 

Mais, il faudrait aussi que les catholiques arrêtent de se regarder le nombril, de vivre «confortablement» entre-eux...

Le Père Louis Kuehn, ancien évêque de Meaux, précise ainsi ce qu'il entend par une Église missionnaire" (Diocèse de Meaux, "Horizon 85"). Je me retrouve très bien dans ce qu'il écrit : " Une Église missionnaire est une Église

- qui ne vit pas pour elle-même et pour ses propres membres,

- qui ne conserve pas ses prêtres pour le service exclusif de ceux qui sont déjà chrétiens,

- elle est tournée vers ceux qui ne croient pas, qui se considèrent comme des marginaux par rapport à l'Église.

  • elle s'emploie à ce que les plus pauvres, les plus démunis dans notre société aient chez elle la première place..." (Cité par le Père Michel Deswarte dans son livre « La Vie en abondance»)

Il faudrait alors partir plutôt de l'idée suivante : «Je souhaite que mon Église se comporte comme le Christ avec la Samaritaine, qu'elle puisse s'asseoir "sur la margelle du puits" de notre temps pour écouter battre le cœur du monde d'aujourd'hui. Qu’elle ne juge pas comme Jésus n’a pas jugé cette femme dont il connaissait pourtant la vie sentimentale aventureuse, mais qui a accueilli le message et a brûlé de le communiquer à tout son village. Je me dis souvent : "Vienne le temps où, quand on prononcera devant quelqu'un le mot "Église", il verra dans sa tête non pas d'abord des défilés de mitres ni des cérémonies grandioses, mais tout un peuple d'hommes et de femmes passionnés d’humanité, déterminés à faire de ce monde un monde de Dieu, un monde qui "vit en abondance" sinon dans l'abondance, un monde de partage fraternel, de respect des plus petits.» (Père Michel Deswarte «La vie en abondance»).

 

L'Église doit résister à la malsaine tentation de devenir une forteresse assiégée... Elle doit prendre sans cesse exemple sur Jésus , livrée entièrement au monde et proche des faiblesses et des cheminements blessés.

 

Réponse aux questions posées...

      1. Écouter son prochain...

 

  • Instaurer dans chaque communauté chrétienne un Ministère de l'écoute au sein même des églises (bâtiments) ouvertes quotidiennement pour accueillir tous ceux qui ont besoin de parler, de se recueillir, de recevoir soutien ou conseils. (Formation diocésaine à envisager...)

 

      1. Rendre le Christ plus présent...

- Instaurer la prière quotidienne(silencieuse) du Saint Sacrement.

Là aussi, il faut former des équipes de laïques à prendre en charge un Ministère de la prière dans chaque communauté... (Formation diocésaine à envisager aussi... )

 

        1. Resserrer les liens

 

    • Chaque communauté chrétienne doit se relier plus étroitement, en relation constante, avec toutes les associations caritatives proches de l’Église : Secours Catholique, Saint Vincent de Paul, CCFD, Emmaüs, etc. Une équipe pourrait être formée pour s'occuper de cette pastorale du lien caritas.

 

          1. Rendre à la Messe son silence liturgique dans le culte communautaire.

    • On peut imaginer que les messes, telles qu'on les connaît, seront moins fréquentes - au vu de la diminution constante du nombre de prêtres. Privilégier alors la communion avec le Christ-Jésus à un aspect festif forcé, et cecipar l'instauration de cinq bonnes minutes de silence après une homélie, et quinze minutes de silence après toute communion...

 

5) S'ouvrir en créant des liens

 

    • Organiser des conférences, des tables rondes (à l'échelle locale des communautés chrétiennes) où seront prises surtout en compte les préoccupations des personnes éloignées de toute confession... Chaque baptisé doit se sentir serviteur et missionnaire de son église locale.

 

André Campos(laïc engagé dans la vie paroissiale, dans un groupe de prière paroissial, et dans une association caritative.)

 

 

 

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